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Notule numéro 51:
D'où je vienspar Robert Libman1
Mon grand-père paternel, Hyman Libman, né le 10 septembre 1910 à Losice, à l'est de Siedlce2, quitta Lódz en Pologne en 1930, à l'âge de vingt ans, avec l'espoir d'une vie meilleure ici. Après quelques années de travail, il ouvrit à Montréal, une épicerie à l'angle des rues Jeanne-Mance et Villeneuve ; l'affaire fut florissante. Cinq ans plus tard, il fit venir de Pologne, son amie de coeur, Molly Ruzal, née elle aussi à Losice, le 1er avril 1912, et qu'il avait dû laisser derrière lui, à Lódz. Ils se marièrent le 29 décembre 1935 à Montréal. Un an plus tard naissait David Libman, mon père. Le certificat de naturalisation de Hyman Libman est daté du 9 novembre 1938. Toute la famille de ma grand-mère fut exterminée dans l'Holocauste de la seconde guerre mondiale. Seul son frère survécut en se réfugiant en Argentine. Mon père est l'aîné de six enfants.
Mon grand-père maternel, Louis Aronovitch, est né le 1er avril 1896 à Botosani, dans le nord-est de la Roumanie. Il n'avait que sept ans lorsqu'il migra de son pays d'origine vers le Canada en 1904. Il fut naturalisé sujet britannique le 4 juillet 1938. Son père, Jacob Aronovitch avait obtenu son certificat de naturalisation à Montréal le 21 juin 1901. Ma grand-mère maternelle, Rifka Griner, née le 15 octobre 1904, arriva de Pologne en 1914, sur le dernier bateau en provenance de ce pays avant le déclenchement de la première guerre mondiale. La même année, elle est inscrite au “Protestant School Board of Greater Montreal”. Elle réside alors au 896, City Hall avenue, est “officiellement” née le 25 septembre 1902 ; et son père se prénomme “Max”. Mes grands-parents se rencontrèrent à Montréal et s'y marièrent le 14 décembre 1924, devant le rabbin H. Rotblatt, à la “Russker Shul Kinein Torah” au 20, avenue Duluth ouest. Ma grand-mère obtint sa citoyenneté britannique à Ottawa le 1er août 1939. Ma mère, Goldie Aronovitch, née en 1938, est la plus jeune de leurs trois enfants.
Mes parents se sont mariés à la synagogue Beth David, située sur le boulevard Saint-Joseph, à l'angle de la rue Nelson. Quant à moi, l'aîné de quatre fils, je suis né à Montréal le 8 novembre 1960.
Côte-Saint-Luc, Québec
1. L'auteur, maire de Côte-Saint-Luc depuis 1998, est architecte. Cofondateur du parti Egalité et chef de ce parti à compter de 1988, il devint aussi vice-président du B'Nai Brith Baalfour Lodge la même année.
2. Sauf pour deux intermèdes, soit la création du grand-duché de Varsovie par Napoléon Ier (1807-1815), et celle de la république de Cracovie par le congrès de Vienne (1815-1846), de 1795 (troisième partage de la Pologne) à 1918 (traité de Versailles), la Pologne n'existe tout simplement pas. En 1910, les villes de Losice et de Siedlce font partie de l'empire d'Autriche.
Notule numéro 50:
L'acte de baptême de François Nadeaupar Robert Larin (5403)
Voici l'acte de baptême de François Nadeau, marié en 1742 à Marguerite Fortier, tel qu'extrait des registres de la paroisse Saint-André à Sablonceaux (Charente-Maritime), le 19 octobre 1701 :
Le second d'octobre a Saint André est né Olivier francois fils legitime de françois Nadeau Marchand et de Marie Dugua, lequel a eté batisé le dix neuf du courant. a eté parrain Olivier Mingau, Marraine Jane Dugua en présence de Jean Deliquet et Michel Montoit qui n'ont si(g)né pour ne scavoir
Mingaud Jeanne Dugua Lahatte, curé SusditFrançois Nadeau, père, né vers 1667, était marchand boulanger, laboureur et syndic. Il est décédé à Sablonceaux, le 2 octobre 1717. Son épouse, Marie Dugua, née vers 1676, est décédée après 1743 à Corme-Royal, en Charente-Maritime. Le couple s'était marié le 1er juin 1699 à Marennes. On leur connaît six enfants :
1- Marie, née le 26 juin et décédée le 9 juillet 1700, à Sablonceaux.
2- Olivier-François, né le 2 octobre 1701, à Sablonceaux ; émigré au Canada ;
marié à Marguerite Fortier, à Yamaska, le 3 avril 1742 ; décédé le
16 mars 1770, à Yamaska. Sept enfants connus.
3- Maximilien-Louis, né le 13 février 1704, à Sablonceaux.
4- Pierre, né le 2 février 1708, à Sablonceaux ; marié le 14 janvier 1743 à
Corme-Royal avec Marie Georget ; décédé le 3 novembre 1756 à Sablonceaux.
5- Étienne, né le 17 novembre 1711 et décédé le 15 janvier 1714 à Sablonceaux.
6- Marie, née le 27 septembre 1716 à Sablonceaux, mariée au même endroit,
le 31 janvier 1735 à Jacques Bon.Pierre Nadeau, vigneron, épousa en 1743 Marie Georget, née vers 1720 à Corme-Royal (François & Marguerite Germain). Ils eurent quatre enfants connus, dont Jacques, marié à Virollet, le 14 juin 1774, avec Marie Viaud. Leur fille, Marie, épousa à Saint-Pierre d'Oléron, le 7 février 1792, Michel Boursier, dont descend la grand-mère, côté paternel, de Jean-Marie Augé de qui je tiens ces informations. Monsieur Augé aimerait communiquer avec des descendants d'Olivier-François Nadeau. On peut lui écrire au 47, route de la Sablière, 17920, Breuillet, France.
Longueuil, Québec
larinr@magellan.umontreal.ca
Notule numéro 49:
A la recherche de Pierre Gatienpar Germaine Gatien (9486) (9486)
Selon l'abbé Cyprien Tanguay, Pierre Gatien était le premier colon de la Nouvelle-France à porter ce nom. Le même auteur écrit que Pierre est né en 1659, à Notre-Dame de la Richeville de Tours et est mort en 1728 à l'Hôpital général de Québec. René Jetté a écrit que le lieu de naissance de Pierre Gatien était Notre-Dame-la-Riche, ville, arrondissement et archevêché de Tours, Touraine (Indre-et-Loire). Jetté ne mentionne pas la date de cet événement, mais il a noté l'âge qui était donné pour le colon dans plusieurs documents, d'où on peut calculer la date approximative de sa naissance :
Document Age donné Date approximative de la naissance
Recensement de 1681 28 ans 1652/1653
Recensement de 1682 23 ans 1658/1659
Recensement de 1716 62 ans 1653/1654
Registres de l'entrée des pauvres 80 ans 1645/1646
(1726)Un essai a été fait pour trouver plus d'informations en écrivant à la Direction des services d'archives du département de l'Indre-et-Loire pour obtenir une copie de l'acte de naissance de Pierre Gatien. Selon le conservateur, les registres paroissiaux de Notre-Dame la Riche ne mentionnaient pas la naissance de Pierre Gatien entre 1650 et 1665 ; en fait, personne avec le nom de famille de Gatien n'a été trouvé là, alors que le prénom Gatien y était fréquent.
Plutôt que d'abandonner la recherche, d'autres sources généalogiques ont été examinées de nouveau et dans les registres de l'entrée des pauvres de l'Hôpital général de Montréal a été trouvé un homme nommé Jean Gatien né à Meltaye en France. Jetté a attribué cette information à Pierre Gatien, et cela était une supposition raisonnable puisque cette référence à Jean était la seule trouvée par les chercheurs éminents ; Jetté n'a tenu aucun compte de la place citée, probablement parce que Meltaye n'existe pas en France. Pourtant, il y a un petit village près de Tours nommé Mettray et la lecture attentive des registres de cette paroisse a déniché beaucoup d'informations sur la famille Gatien, dont la plus pertinente était le baptême d'un certain Pierre Gatien le 24 octobre 1656, fils de Thomas et de Renée Seigneur. Il paraît que cet homme était l'ancêtre très recherché. Selon l'entrée de l'acte de mariage en 1642, Thomas Gatien est le fils de Denis et Marie Roux ; et Renée Seigneur est la fille du défunt Jacques et de la défunte Sansonne Gourge.
La trouvaille de l'ascendance de Pierre Gatien est le résultat de la lecture de la littérature généalogique avec une conscience de la possibilité d'erreur.
North Saanich, Colombie-Britannique
Notule numéro 48:
Jean Chassépar Rémi Gilbert (1393)
Il est heureux que l'éditeur de la Revue Sainte-Anne ait offert au public le numéro 29 de la collection Nos Ancêtres, dont les textes, parmi lesquels figure une biographie de Jean Chassé, étaient encore sur le métier au moment du décès subit de leur regretté rédacteur, le père Gérard Lebel, C.Ss.R.
Originaire de la province française de Franche-Comté, ainsi désignée depuis le XIVe siècle, mais auparavant nommée la comté (et non le comté) de Bourgogne, d'où le surnom qu'on lui donne parfois de Jean Le-Bourguignon, l'ancêtre Jean Chassé (1711-1798) connaît une existence aventureuse qui comporte certains points d'ombre que la documentation disponible ne permet pas d'éclairer de façon satisfaisante. Heureusement, la généalogie d'une branche de la famille Chassey, de Scey-sur-Saône, communiquée par monsieur Denis Macabrey, de Belfort, a permis aux généalogistes et aux démographes d'établir de façon exceptionnelle, dans ce cas-ci, l'antériorité de la famille Chassé (Archives départementales de la Haute-Saône, Vesoul, 17 septembre 1971). La gabelle, cet impôt sur le sel, inégale d'une juridiction à l'autre, est source d'agitation sociale durant tout l'Ancien Régime. Jean Chassé, l'un des nombreux contrebandiers ou faux sauniers qu'emprisonnent les gabelous, douaniers de l'intérieur, récolte sans doute dans ses traverses quelques horions, d'où ce surnom de Jean La-Joue-Percée qu'il porte jusqu'au Canada, où il est banni à vie, faute d'être envoyé aux galères ou pendu. Pourquoi une peine aussi sévère ? C'est que dans ce régime de pouvoir absolu, autoritaire, jaloux, centralisé sur la personne du roi, la fraude fiscale est presqu'un crime de lèse-majesté.
En Nouvelle-France, Jean Chassé et son parent du côté maternel, Jean-Nicolas Grandmaitre, travaillent d'abord aux forges du Saint-Maurice, comme le rappelle, sur les lieux de la première industrie sidérurgique de chez nous, un panneau explicatif. Mais là où il convient d'apporter des réserves, c'est sur le voyage éclair en France de Jean Chassé (1734 ou 1741), dont la réalité n'a jamais pu être prouvée et que, d'ailleurs, la situation de notre censitaire, à Kamouraska, lui interdisait d'entreprendre dans les conditions précaires de l'époque. Les faux sauniers étaient bannis du royaume et envoyés dans les colonies («pour y rester pendant leur vie» : le ministre des colonies au gouverneur de Beauharnois et à l'intendant Dupuy : 1728-05-15) et ne pouvaient donc rentrer en France («vous observerez qu'ils ne peuvent jamais revenir en France» : Maurepas au gouverneur et à l'intendant : 1731-05-01). Même Pierre Revol n'a pu y réussir, car il lui aurait fallu une révocation par le roi de son bannissement pour faux saunage.
Enfin, en 1747, la condamnation de Jean Chassé et de Jean-Claude Carlos, autre faux saunier, a être pendus «en effigie par contumace pour majoration et falsification de monnaie et billets» est un dernier point à inscrire sous réserve. Un compilateur, monsieur Raymond Boyer, travaillant dans des conditions difficiles, a, dans le dossier criminel de nos deux faux-monnayeurs, confondu la peine maximale et la sentence. Seule est établie vraiment la thèse de l'auteur sur la cruauté et les lacunes de la justice en Canada.
Québec, Québec
Notule numéro 47:
L'église Saint-Maclou à Rouenpar Janko Pavsic (6487)
Au delà du plaisir que l'on ressent à « voir ce que notre ancêtre a vu », l'architecture demeure un terreau fertile pour qui cherche ses racines. Mais parfois, le document de pierre n'a pas survécu. Ainsi à Rouen sont disparues, entre autres églises, Saint-Sauveur, détruite sous la Révolution ; Saint-Martin et Saint-André-aux-Febvres, rasées en 1861, victimes d'une « haussmannisation » de la ville ; ainsi que Saint-Vincent, bombardée en 1944 et dont il ne reste que les vitraux qui colorent aujourd'hui l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Cependant subsistent la cathédrale Notre-Dame, l'abbatiale Saint-Ouen, et plusieurs églises paroissiales dont Saint-Patrice, Saint-Godard, Saint-Vivien, et la plus remarquable, Saint-Maclou, dont les registres d'état civil ont survécu.
C'est là que furent baptisés, Claude Poulin (26 janvier 1616), Marie Pavie (17 février 1616), René de Lavoie (28 novembre 1628), François Boucher (28 mars 1632), Pierre Dizy (21 juin 1634), Jean Dubreuil (5 novembre 1648), Anne Seigneur (1er mars 1649), Marie de Lamarre (16 août 1650), Isaac Lemire (7 novembre 1650), Françoise de Charmesnil (25 mai 1651), Anne Talbot (1er août 1651), Jacques Saint-Yves (5 février 1652) et Antoine Plumeteau (1er octobre 1662).
Erigée dans le style gothique flamboyant entre 1437 et 1517, l'église Saint-Maclou a donc, de l'intérieur du moins, bien peu changé depuis le XVIIe siècle, notre siècle « témoin ». Il y a bien eu un bombardement le 4 juin 1944 qui a lourdement endommagé le choeur mais ce dernier fut restauré à l'identique après la guerre. En fait, la plus importante transformation effectuée sur ce bâtiment depuis 1517 n'est pas une oeuvre de destruction mais de création. L'imposante flèche centrale de Saint-Maclou, si bien intégrée au reste de l'édifice ne date que de 1870. C'est donc une oeuvre néo-gothique du XIXe siècle, presque contemporaine par exemple, de la flèche de l'église Saint-Jacques à Montréal. L'aspect qu'avait, l'église Saint-Maclou à l'époque de nos ancêtres était relativement différent. Sans flèche, avec une tour couronnée d'un toit en poivrière, une façade cernée de près par de belles maisons à colombages et encorbellements, c'est là une image de Saint-Maclou qu'il faudrait imaginer si un certain Leger ne l'avait immortalisé en 1823.
Greenfield-Park, Québec
Notule numéro 46:
Environ 98 ans... elle en avait 82par Jean Lépine (4053)
Tous dans nos recherches, nous avons rencontré maintes et maintes fois cette approximation au sujet de l'âge de nos ancêtres. Dans le présent cas, l'écart est un peu surprenant, mais il s'agissait tout de même d'une personne très âgée pour le temps et lorsqu'une telle situation se présentait, la tendance à l'exagération était générale. Il est bien évident que le chercheur, deux ou trois siècles plus tard, qui débute sa recherche sur une information erronée, perd beaucoup de temps quand ce n'est pas l'espoir de trouver l'information requise. Comment se fait-il qu'il y avait tant d'à-peu-près, au sujet de l'âge, que ce soit aux mariages, aux décès ou aux recensements du passé. La question est reliée à une vision actuelle du sujet, dans un monde commercialisé où un enfant de cinq ans et six mois attend son prochain anniversaire pour recevoir la visite de ses grands-parents et de leurs cadeaux. La solution est toute simple, il faut regarder dans le temps avec les yeux de l'époque. Si l'on réussit ceci, des surprises nous attendent mais la logique demeure. Nous constatons alors ce que nous savions plus ou moins déjà, que beaucoup de gens, pour ne pas dire la majorité des gens ordinaires, ne savent pas lire. Il n'y a pas encore de grandes ou petites entreprises qui font de la publicité en donnant des calendriers que l'on accroche aux murs de la cuisine. Il n'y a pas de droit de vote attaché à un âge précis ; il n'y a d'ailleurs pas de démocratie. Il n'y a pas d'anniversaire de naissance que l'on fête en famille, ni de retraite à 65 ans.
Pour tout dire, la date de naissance est quelque chose sans grande importance que l'on oublie rapidement, sauf si l'on est né ou baptisé à la Saint-Blaise (maux de gorge), à la Saint-Jean (24 juin) ou à la Saint-Martin (11 novembre), par exemple. Il aurait d'ailleurs servi à quoi de s'en rappeler ? Je sais par contre quelqu'un qui s'identifiait parfois sous le prénom d'Ambroise et qui avait été baptisé autrement, simplement parce que son parrain qui n'était pas un membre de la famille n'avait, semble-t-il, su, une fois à l'église, se rappeler le prénom choisi. C'était le 3 février, le curé le baptisa - Blaise -. Un de ses fils, né au cours de l'été, déclara le 24 juin comme date de naissance environ soixante ans plus tard, lorsqu'il fit sa demande de naturalisation comme citoyen américain.
Si l'on veut s'appuyer sur un acte officiel, il faut donc se rappeler, dans cet aspect de nos recherches, que la date de naissance, dans un passé pas si lointain, n'avait pas une importance tellement grande, même pour les curés. Nous avons vu en effet, lors de certains mariages, des gens ayant toujours vécu dans une paroisse donnée et ayant même été baptisés par l'officiant de leur mariage ; ce qui n'a aucunement empêché ce dernier d'inscrire environ 20 ans comme âge. Pourtant, il avait le registre en mains et il aurait pu facilement vérifier la date de naissance, si elle avait été jugée nécessaire. Il reste la majorité légale du temps, mais elle ne changeait pas grand chose pour la plupart des gens. Il est tout de même intéressant de retracer l'âge véritable de nos prédécesseurs, ne serait-ce que pour apporter un élément de plus à la connaissance que nous avons d'eux, de connaître jusqu'à un certain point leur état de santé, leur volonté et leur rapidité à acquérir des biens ou des responsabilités, leur résistance face aux difficultés de leur temps, enfin de voir leur évolution en rapport avec leur âge, bref de voir ce qu'ils nous ont transmis. Je poursuis donc mes recherches en sachant que, moi, je suis né à la Saint-Charles, et vous ?
Brossard, Québec
Notule numéro 45:
Les Bonnetat/Bonetta de(s) Montréalpar Janko Pavsic (6487)
A Paris, au cimetière du Père Lachaise, plus précisément dans la vingt-troisième division, une chapelle sépulcrale (peut-être déjà détruite), dont la porte était déverrouillée un jour de mai 1998, probablement depuis plusieurs décennies, autorise ainsi le passant, curieux et, ou, généalogiste, à s'y introduire pour en lire l'inscription masquée d'efflorescence. Les monuments funéraires vivent des morts qu'ils accueillent, et des vivants qui viennent y prier pour se rappeler de ceux qui y résident. Celui-là semble bien mort, apparement de l'extinction d'une famille à l'intérieur de laquelle les naissances ne purent soutenir le rythme accéléré des décès.
Mais la particularité de celui-ci réside dans le fait que deux des cinq mortes qui y reposent sont nées à Montréal. Reste à savoir s'il s'agît du Montréal québécois où d'un des nombreux Montréal français ; car si de nos jours, il va de soit que Montréal sans préciser plus avant désigne la ville québécoise, il en était autrement en 1829. Les Bonetta d'Amérique (de Montréal) vivaient sensiblement plus tard. Teresa Bonetta, fille d'Antonio Bonetta et de Madeleine Tesire, épouse, le 29 février 1892, paroisse Notre-Dame, à Montréal, Mariano Manella, fils de Jacques Manella et de Mary Rosata. La mariée montréalaise est de toute évidence d'origine italienne... mais les deux inhumées parisiennes l'étaient peut-être aussi ! Et si tel n'était pas le cas, nous serions alors en présence d'un intéressant cas d'évolutions patronymiques convergentes...
Edmée Mélanie
Daumont
née à
L'Isle sur le Serein
le 31 mai 1830
décédée
le 17 octobre 1850Marie Bonnetat
née à Montréal
le 13 avril 1797
décédée épouse
de Mr Joseph
François Chrétien
Desheulles
le 11 octobre 1829.Reine Jeanne
Bonnetat,
épouse de Mr.
Jean-Baptiste
Desheulles
née à Montréal
le 7 juin 1795
décédée le
25 novembre 1838.
Reine Clara
Desheulles,
décédée
le 20 septembre
1830
âgée de 32 mois.Léontine Victorine
Desheulles
née le 11
9bre. 1831,
décédée le 11
8bre. 1846.
Greenfield-Park, Québec
Notule numéro 44:
Énigme sur Gilles Ménardpar Gérald Ménard (1762)
D'après une réponse de l'abbé Amédée Gosselin, dans le B.R.H. de 1924, p. 127 et 128, Gilles Ménard serait venu en Nouvelle-France avec le régiment de Carignan en 1665. L'abbé Gosselin dit Gilles Ménard originaire de Braslou, près de Richelieu, Haut-Poitou, (aujourd'hui département d'Indre-et-Loire). Dans le «Régiment de Carignan» de Roy-Malchelosse, ces derniers associent Gilles Ménard au surnom «Ménarde» de la compagnie de Saint-Ours. D'après Robert Larin dans son étude, La contribution du Haut-Poitou au peuplement de la Nouvelle-France, il est écrit d'après les registres des malades de l'Hôtel-Dieu de Québec, en date du 7 octobre 1690, que Gilles Ménard était originaire de Braslou près de Richelieu. Donc jusque là et sans aucun doute, il s'agit bien du même personnage. Par contre, Larin nous dit que ce Gilles Ménard est cité dès le 25 septembre 1650 à la mission des Jésuites de Sillery alors qu'il assistait au baptême d'une Amérindienne (voir P.R.D.H., vol. 3, p. 271). On sait par les recensements que Gilles Ménard était serviteur des Jésuites de Québec pour celui de 1667, âgé de 30 ans, et qu'il était «frère donné aux jésuites de Québec» pour celui de 1681. Qualifié de frère gris des révérends pères jésuites, il fut hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Québec où il est décédé trois semaines plus tard, soit le 23 octobre 1690. Si l'on se fie à l'abbé Gosselin, et d'après l'Autobiographie du père P. Chaumonot :
«Gilles Ménard était maître d'école, et enseigna à une nombreuse classe... Le bon frère conserva son emploi d'instituteur jusqu'à sa dernière maladie ; c'est la circulaire du Supérieur qui nous l'assure. Se sentant gravement atteint, il se fit transporter à l'Hôtel-Dieu. C'est là qu'il mourut le 23 octobre 1690, âgé de 42 ans, affirme le registre des entrées à l'hôpital. On aura sans doute voulu dire 52 ans, car autrement, il n'aurait vieilli que d'un an depuis 1681.»Cette description correspond très bien au personnage à l'exception de la date citée par Larin du 25 septembre 1650. Si cette date s'avère exacte, cela voudrait dire que Gilles Ménard était déjà en Nouvelle-France quinze ans avant la venue du régiment de Carignan en 1665. Qu'un soldat après sa démobilisation devienne prêtre ou «gens d'église» comme on le disait à l'époque, ça je veux bien l'admettre, mais qu'un serviteur des Jésuites aille rejoindre une compagnie du régiment de Carignan pour devenir soldat, ça, j'ai de la difficulté à le croire. De plus, après 1650, nous n'entendons plus parler de lui qu'au recensement de 1667. Gilles Ménard était donc présent en Nouvelle-France depuis 1650, et cependant, Trudel n'en ferait aucune mention dans La Population du Canada en 1663 ? Trudel a pourtant retracé dans ses recherches toutes les mentions des «gens d'église» des trois régions existantes, soit Québec, Trois-Rivières et Montréal. Le père jésuite Chaumonot, inscrit ci-dessus, était, lui présent, et de plus cité à deux endroits, soit dans la région de Québec et celle de Montréal. Se pourrait-il que ce Gilles Ménard soit retourné en France entre 1650 et 1663, et revenu par la suite avec le régiment de Carignan ? Quelle est la réponse à cette question ?Varennes, Québec
Notule numéro 43:
François Hotman et Madeleine de Brossepar Luc Chaput (11731)
Dans la généalogie des Hotman d'Archange Godbout1, Madeleine de Brosse (et non de La Brosse) épouse de François Hotman de la Tour est la fille de Salomon de Brosse, célèbre architecte Français, auteur entre autres du palais du Luxembourg à Paris, et de Florence Métivier, soeur d'Antoine Métivier, architecte des bâtiments du roi. Madeleine de Brosse était veuve de Pierre Le Blanc de Beaulieu dont elle avait eu six enfants. De son mariage avec François Hotman de la Tour de Saint-Quentin en 1634, elle eut cinq autres enfants. Villiers-Saint-Paul, fief des Hotman et Verneuil d'où vient Salomon de Brosse sont deux communes voisines du département de l'Oise au nord-est de Paris et les deux familles font partie de la haute société protestante du début du XVIIe siècle2. D'ailleurs, le 11 novembre 1617, Jean Hotman, écuyer, seigneur de Villiers-Saint-Paul, signe en tant que cousin du futur époux, Jean de Gravelle au contrat de mariage de celui-ci avec Anne de Brosse, soeur de Madeleine3. Jeanne de Saint-Martin, épouse de Jean Hotman et mère de François, était en Angleterre, la dame de compagnie de Penelope Devereux, la Stella d'Astrophel and Stella du poète anglais Philip Sidney, ami de Jean Hotman4.
Saint-Laurent, Québec
1. MSGCF, I, 1944, p. 240.
2. Jacques Pannier. Salomon de Brosse, un architecte français au commencement du XVIIe, Paris 1911, tableau généalogique p.270-1.
3. Jules Guiffrey, les «Artistes parisiens du XVIe et XVIIe siècles : donations, contrats de mariage, testaments, inventaires etc.» tirés des Insinuations du Châtelet de Paris, Paris 1915, p. 228-30.
4. David Baird Smith, «Jean de Villiers Hotmant», Scottish Historical Review, v. 14, p. 152.
Notule numéro 42:
Jean Charon et Geneviève Boucherpar Micheline Charron (11029)
Lorsque l'Institut Drouin fit ma généalogie, il y a de cela plusieurs années, mon ascendance comprenait Jean Charon, fils de Jean et de Madeleine Guertin, et Geneviève (Charlotte) Boucher, fille de Charles et de Marie Hénault, mariés à Berthier le 28 avril 1732. Ce n'est que bien des années plus tard, lorsque j'ai commencé à faire de la généalogie, que j'ai réalisé qu'il y avait là une erreur. En effet, Charlotte et Geneviève sont soeurs. Charlotte ou Marie-Charles baptisée à Sorel le 1er avril 1713, Geneviève le 5 mai 1715. Et c'est Charlotte qui a épousé Jean Charron, fils de Jean et de Madeleine Guertin, à Berthier le 28 avril 1732 Il n'en reste pas moins que Geneviève a aussi épousé un Jean ou Jean-Baptiste Charon, comme en témoignent la naissance de ses cinq enfants et l'acte de son second mariage, le 3 avril 1742, à Lanoraie, avec François-Augustin Gladu. On la dit veuve de Jean-Baptiste Charon et on indique aussi que Jean-Baptiste Charon est présent au mariage. De son premier mariage, pas de trace, mais madame Estelle Brisson des Archives nationales du Québec à Montréal, a retracé une convention de mariage entérinée le 31 juillet 1733 par le notaire Jean-Baptiste Adhémar, contresignée par le notaire Joseph-Charles Raimbault, et qui débute ainsi:
«L'an mille sept cent trente-trois, le quatrième jour de may n'y ayant / point de notaire dans la paroisse de Berthier le Sieur Jean / Charon veuf de feu Marie Magdeleine Guertin, la veuve Marie / Hénault Boucher, Pierre Hénault dit Delorme, Pierre Hénault dit / Frenière, François Charon, François Boucher, Alexis Boucher / et Marie geneviève Boucher fille de feu Charles Boucher et Marie / Hénault ses père et mère sont venus me trouver dans mon / presbitaire avec les témoins soussignés pour me prier d'écrire / les conventions et articles de mariage faites entre le Sieur / Jean Charon et geneviève Boucher sa future épouse»Suivent deux pages sur la disposition des biens des futurs époux. Le tout signé Jos. Gaillard ptre missio., Gaillard de St Laurent et Troyville. Jean Charon a donc épousé en secondes noces la soeur de sa belle-fille. De leurs cinq enfants, trois moururent célibataires. Deux filles se marièrent : Marguerite à Michel Aubuchon, à Berthier le 10 février 1755, puis à Joseph Mandeville, à Berthier, le 4 avril 1758. Madeleine épousa Joseph Corbin, à Berthier, le 16 mars 1757.Lachenaie, Québec
Notule numéro 41:
Qui est Marguerite ?par Joseph St-Amand (739)
George Guyon (Young), fils de Philippe et Marguerite ..., épouse Marie-Elmire Plouff, fille de Luc et Marie-Louise Papineau le 12 septembre 1849 à l'église St. John the Baptist de Syracuse, (New York).
Marie-Elmire Plouff a été baptisée le 24 août 1824 à Notre-Dame de Montréal. George serait né entre 1818 et 1827 en France ou au Canada, et son frère Joseph, en 1827 ou après, probablement au Canada.
Le couple George et Marie-Elmire a un premier enfant en 1850 à Syracuse, (New York), un deuxième au Canada, Louise, vers 1851-52, et Margaret, le 9 octobre 1853 à Syracuse (New York).
Les parents de George étaient originaires de France et auraient émigré au Canada durant la période trouble (de France). Philippe Guyon était le fils d'un officier militaire, qui avait supposément des contacts avec la fameuse Académie militaire Saint-Cyr de Paris. Philippe, devenu orphelin, aurait été élevé par la famille de Marguerite. Elle serait née durant la période de la Révolution française.
La tradition familiale voudrait que la famille de Marguerite soit de la noblesse française mais il faudrait connaître son patronyme. Le décès de Philippe Guyon ou le baptême de Joseph Guyon (frère de George) nous donnerait le nom de famille de Marguerite.
Cinquante dollars (50,00 $) sera accordé à la personne qui trouvera la réponse.
Joseph St-Amand
2411, Northbrooke Dr.
Oxnard, CA 93030 (E.-U.)
Notule numéro 40:
Mathurin Beaudry dit Georges d'Amboisepar Janko Pavsic (6487)
Au " Rolle des Habitants de l'Île de Montréal en date du 5 décembre 1673 " , le surnom " Georges d'Amboise " porté par Mathurin Beaudry, soldat du régiment de Carignan, surprend du fait qu'il comporte à la fois un prénom et un nom. Cette singularité est peut-être révélatrice du lieu d'origine de Mathurin Beaudry. Hubert Charbonneau, dans un article publié dans les Mémoires (hiver 1997), suggère la paroisse Saint-Denis, ville d'Amboise. C'est bien possible et ce serait même fort probable si notre soldat s'était nommé " Mathurin Beaudry dit d'Amboise ". Mais il y a cet inexplicable " Georges ", qui fait songer à l'autre Georges d'Amboise ainsi qu'à son neveu, Georges d'Amboise...
Georges I d'Amboise, né en 1460 à Chaumont-sur-Loire, abbé de Saint-Paulin de Narbonne 1475-1477, abbé de Grandselve, archevêque de Narbonne 1482-1484, 1491-1494, évêque de Montauban 1484-1491, archevêque de Rouen 1494-1510, cardinal et ministre d'État de Louis XII en 1498, décédé le 25 mai 1510 à Lyon, sépulture dans la cathédrale de Rouen.
Georges II d'Amboise, né en 1488, seigneur de Bussy et de Saxefontaine, archevêque de Rouen 1511-1550, cardinal de 1546 à 1550, décédé le 25 ou 26 août 1550 au château de Vigny, sépulture dans la cathédrale de Rouen.
S'il y a lien unissant Mathurin Beaudry aux Georges d'Amboise, il est probablement de nature géographique. Il est vrai qu'un siècle environ sépare le soldat des cardinaux, mais puisque ces derniers semblent avoir suffisamment marqués l'histoire de Rouen pour demeurer dans la mémoire collective jusqu'à maintenant, leur souvenir devait être vivace à l'époque de Mathurin Beaudry. Le tombeau érigé dans la cathédrale, de 1515 à 1525, pour ces deux archevêques de Rouen, a certainement contribué à maintenir cette notoriété au fil des siècles. Les orants des cardinaux d'Amboise ne furent pas détruits à la Révolution : ils étaient cachés par le foin ; cette chapelle de la cathédrale ayant été " recyclée " en grenier.
Si l'acte de naissance de Mathurin Beaudry demeure introuvable à Amboise, par la suite c'est à Rouen qu'il faudra le chercher.
Bibliographie :
Réau, Louis, Histoire du vandalisme, édition augmentée par Michel Fleury et Guy-Michel Leproux, collection Bouquins, Robert Laffont, éditeur, Paris, 1994.
Schwennicke, Detlev, Europaïsche Stammtafeln. Stammtafeln zur Geschichte der europäischen Staaten, neue Folge, Band XIII, Les familles féodales de France I, J.A. Stargardt, éditeur, Marburg, l990.
Notule numéro 39:
Les Juchereau de Saint-Denys sur quatre contimentspar Janko Pavsic (6487)
Ce qu'il advint des Québécois qui émigrèrent après la conquête de 1760 peut parfois surprendre. Le destin de quelques Juchereau de Saint-Denys se joue sur quatre continents.
I. Marie-Eustache Juchereau de Saint-Denys, né le 24 octobre 1741, Québec, capitaine d'artillerie, décédé le 4 septembre 1792, Charleville, Ardennes (tué lors d'une émeute populaire). Marié à Bastia, Corse, à Thérèse Pasqualini.
II.1. Pierre-antoine Juchereau de Saint-Denys, né le 14 septembre 1776, Bastia, servit au Canada comme capitaine dans un régiment anglais, migre en Turquie et y est intégré en qualité d'ingénieur en 1805, prit part à la bataille de Waterloo (du côté français cette fois), affecté à l'état-major de l'expédition d'Alger en mars 1830, auteur de quelques ouvrages dont ¨ Histoire de l'Empire ottoman depuis 1792 jusqu'en 1844¨ , décédé le 19 septembre 1850, Vierzon, Cher. Marié en août 1807, Constantinople (Istanbul), Turquie, à Georgiana-Fanny Humphreys.
II.2. Louis Juchereau de Saint-Denys, né le 10 octobre 1778, Bastia, conseiller à la cour d'appel de Bastia, dédécé vers 1853. Marié à Marie-Antoinette de Rossi.
III.2.a Eustache Juchereau de Saint-Denys, né en 1809, Bastia, consul de France à Tarsus (Turquie) en 1840, Bilbao (Espagne), puis à Santo Domingo en 1843, admis au traitement d'inactivité pour cause de maladie en 1849.
Pour en savoir plus, consulter le Dictionnaire de Biographies françaises sous Juchereau de Saint-Denys (disponible à la Bibliothèque nationale du Québec).