SEPTEMBRE


Il y a déjà plusieurs jours que le Saint-Nicolas est entré dans l'estuaire du Saint-Laurent et il est maintenant possible de voir les deux rives. Sur la droite, les colons aperçoivent le petit poste de Tadoussac. Quelques jours encore et ils seront devant Québec. Ils y arrivent le 22 septembre, accueillis par une partie de la population et le gouverneur Lauzon. On descend le courrier qui apporte aux habitants des nouvelles du vieux pays et Maisonneuve loge sa petite troupe dans un entrepôt que possède la Compagnie de Montréal en attendant de repartir pour Ville-Marie.

Mais la guigne continue de s'acharner sur le Saint-Nicolas-de-Nantes. En arrivant devant Sainte-Foy, il a heurté des hauts-fonds et le capitaine Le Besson, conseillé par des capitaines canadiens qui connaissent bien le fleuve, se rend compte qu'il sera impossible de le relever. Il devra se résigner à ordonner qu'on le brûle en face du moulin Saint-Denis.

Le gouverneur Lauzon implore Maisonneuve de laisser ses colons à Québec. Pourquoi aller risquer leur vie dans un poste qui n'a pas d'avenir ? Il vaudrait beaucoup mieux de consolider Québec où les recrues pourraient obtenir de belles terres sur l'île d'Orléans. Maisonneuve ne l'entend pas ainsi. Le roi, dans un message qui porte son sceau, lui a confié la mission d'établir sa recrue dans l'île de Montréal et il n'en dérogera pas, un Iroquois dût-il se cacher derrière chaque arbre. Lauzon s'emporte. Si Maisonneuve s'entête, il ne lui fournira pas les barques nécessaires au transport de sa recrue sur le Saint-Laurent.
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